Bilans croisés de collectifs de plusieurs villes

Discussion — samedi 20 mai à 19h — la Rétive, 42 rue du Faubourg d’Auvergne, Alès

À partir de textes d’analyse abordant le mouvement contre la loi Travail et de nos expériences et réflexions, nous vous invitons à un débat autour de cette lutte. Ce mouvement, s’il a eu des limites, est pourtant, sur ces dernières années, l’un des rares moments de révolte sociale sur le terrain de l’exploitation. Des collectifs et individus de plusieurs villes viendront partager et discuter avec nous de ce moment de lutte. Cette discussion a pour but d’essayer de comprendre le contexte dans lequel ce mouvement s’est formé et a évolué, de manière à en dégager, ensemble, un bilan.

Chaque lutte sociale a ses particularités, prend certaines formes, se développe et s’arrête différemment ; elle s’inscrit d’une certaine manière dans chaque endroit qu’elle touche. La situation économique, politique, sociale, le rôle des organisations et des individus sont divers et créent des spécificités. Un an après, comprendre les rouages, les erreurs, les limites et les perspectives, bref, analyser et tirer le maximum d’expérience de ces luttes nous semble essentiel pour continuer le combat contre le capitalisme.

Quelques questions pour animer le débat

  • Qui était en lutte ? Individus isolés, bandes de potes, collègues en grève… ? Quelles catégories socioprofessionnelles étaient en lutte (lycéens, étudiants, cheminots, raffineries, précaires, etc.) ? Quelles forces politiques constituées étaient forces de proposition ou de contrôle dans la lutte (syndicats, organisations, partis, groupes ou tendances politiques, etc.) ?
  • Quelles ont été les formes et les lieux d’organisation (Nuit debout, assemblées de lutte, interpro, intersyndicale, syndicats, etc.) ? Quels modes de discussion, de décision et d’action dans ces cadres ? Quels rôles ont-ils joués dans la lutte ? Y a-t-il eu des tensions entre ces différentes formes ?
  • Quels rôles, forces et actions des syndicats dans le mouvement et au regard de ce qu’ils ont pu être lors des mouvement sociaux précédents (retraites, CPE, etc.) ?
  • Quels discours politiques ont été portés ? Quelle place y a-t-il eu pour des discours révolutionnaires (critique du travail, du salariat, de la valeur,… du capitalisme, de l’État) ?
  • Quels modes d’action (blocages, grèves, occupations, sabotages, cortèges de tête et ses pratiques d’autodéfense et d’attaques, etc.) ? Quelle importance ont pris les grèves, sous quelles formes (perlées, reconductibles, etc.) ? Quel rapport à la violence (celle de l’État, celle des manifestants) ? Quelle acceptation ou rejet d’une certaine pluralité des modes d’actions ?
  • Quelles ont été les formes et le niveau de la répression ? Et, plus globalement, quelles ont été les stratégies développées par l’État pour contenir ou enrayer ce mouvement ?
  • Quelles suites collectives à l’issue de ce mouvement ? Des dynamiques de luttes ont-elles perduré (renforcement de dynamiques préexistantes, émergence de nouvelles initiatives, etc.) ?
  • Et aujourd’hui on en est où ? Quelles sont les applications concrètes de la loi travail ? Y a-t-il des résistances dans les boîtes ? Et, plus globalement, quel est le niveau d’atomisation ou de résistance des exploités ? Quelles perspectives ?