ASSEMBLEE DE LUTTE A ALES

Contre la loi travail (pour commencer)

Month

mai 2016

Action péage gratuit à Nîmes

Ce matin, le 25 mai 2016, une action de gratuité du péage à la sortie Nîmes-Ouest a été réalisée de manière conjointe avec Nuit Debout Nîmes, l’intersyndicale nîmoise et des militants de l’AG de lutte d’Alès.

Peage20160531
Outre la satisfaction d’éviter de se faire racketter par la société gérant l’autoroute, les automobilistes et camionneurs semblaient dans leur majorité soutenir vivement la lutte contre la loi « Travaille ».

Le péage gratuit a duré 1h30, il s’est bien passé même si des tensions ont eu lieu. En effet, certains militants ont déploré le manque de concertation et de dialogue dans le déroulement de l’action ; notamment sur la question du rapport à la police et sur la question de l’heure de fin de l’action. Le sentiment général a été celui d’une imposition de ces modalités par ces « responsables syndicaux » et il a été convenu que les modalités seraient dorénavant énoncées et discutées avant le début des prochaines actions conjointes. Ces tensions ayant pu être exprimées, il semblerait que les prochaines actions puissent se passer de manière plus concertées et efficaces.

Depuis bientôt trois mois, le mouvement contre la « loi travail » se construit et s’amplifie : grèves, manifestations, actions, blocages… Une large partie de la population exprime son rejet de cette loi patro- nale (pétitions, sondages…). Face à cela, le gouvernement, hausse le ton, réprime massivement et ne cède rien (ou quelques miettes, pour les uns ou les autres, dans l’espoir de diviser les travailleurs). Pour durcir ce rapport de force, les grèves de salariés s’intensifient, et répondent par la mise en place du blocage du pays. Lire le PDF…

Chronique audio hebdomadaire du Mouvement Social #8

Suivi du mouvement au niveau national avec différents secteurs en grève et des blocages économiques, actualité du mouvement sur Alès, dans les Cévennes et à Nîmes. suite…

Récit de la manifestation du 19 mai à Alès

Dès 10h du matin, un petit cortège se rassemble devant le lycée Jean Baptiste Dumas. Une cinquantaine de lycéens et des personnes en lutte partent donc rejoindre la manifestation appelée devant la permanence du député Verdier, ramassant quelques poubelles au passage. Plusieurs secteurs en grève sont déjà sur place. On voit les drapeaux des cheminots, une banderole de Merlin Gerin (Schneider Electric), des employés des Télécom, quelques profs…

Des personnes préparent une chaîne de poubelles en les attachant entre elles, les prises de parole commencent. L’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires d’Alès) lit un communiqué répondant publiquement au sous-préfet : en effet, suite à la manifestation de mardi 17 mai, la sous-préf avait convoqué les syndicats pour non respect d’un parcours déposé. Le communiqué est assez clair, l’intersyndicale a refusé de rencontrer le sous-préfet car « nous ne voyons pas pas ce que nous aurions à dire au représentant de l’Etat. Il connaît fort bien notre position : nous exigeons le retrait pur et simple de cette loi des patrons ! ». Les syndicats y affirment également qu’ils ne « seront jamais les « supplétifs » [du gouvernement] pour cadenasser la contestation sociale ». En ces temps de tensions avec les services d’ordre, cette prise de position des unions locales est enthousiasmante et à saluer.

« Grève générale, contre la loi travail !»

A l’intérieur de l’immeuble, la porte du bureau du député Verdier est aspergée de purin. La manifestation s’ébranle, on est assez nombreux, entre 800 et 1000.
Manif 20160519 - Contre la loi travail greve blocage sabotage
Beaucoup de slogans, de pétards sont lancés et les poubelles servent de tambours. Des tags recouvrent rapidement quelques murs et des écrans de distributeurs de billets, des oeufs de peintures sont jetés en direction des banques, d’une boutique de Bouygues, etc. Quatre policiers de la BAC remontent la manifestation pour aller emmerder la tête de cortège. Cette provocation est rapidement remarquée, un attroupement se forme autour d’eux aux cris de « Cassez vous! », « Tout le monde déteste la police! ». Quelques flics viennent en renfort mais les manifestants sont déterminés à les virer, les quelques syndicalistes présents leur signalant qu’ils ne sont effectivement pas les bienvenus. Débarrassée de ces parasites, la manifestation reprend. Quelques personnes lancent « Nous somme tous des casseurs ».

A l’arrivée devant la sous-préfecture, une petite charge bon enfant de la banderole de poubelles bouscule une voiture de police. Une prise de parole encourage à intensifier le rapport de force et à se montrer offensifs en sortant des sentiers battus. Des manifestants lancent « On s’arrête pas, on continue! » et « Tous ensemble ». Quelques 200 personnes se dirigent vers le rond point du Mac Do pour bloquer la circulation. On installe des barricades de poubelles, des sandwichs arrivent. On est déterminés à ne pas s’arrêter là, même si le rassemblement s’étiole petit à petit. Des personnes ramènent des pneus pour renforcer le blocage, petit écho aux différentes actions ayant eu lieu ces derniers jours partout en France. La police tente d’arrêter quelques personnes à coup de balayettes par exemple (croche-patte qui vaudra un bras cassé à une camarade), mais de nombreux manifestants l’en empêchent. Les baqueux reçoivent les pneus devenus subitement projectiles, ainsi que quelques pierres. Les flics commencent à s’équiper de casques et de boucliers. Les pneus s’enflamment, projetant une épaisse fumée noire qui permet aux manifestants de reformer rapidement un cortège et de partir continuer ailleurs.Manif 20160519 - pneus enflammés

Une centaine de personnes partent en manifestation sauvage, une vingtaine de flics aux fesses. La circulation est de nouveau perturbée, des poubelles renversées sur les routes et enflammées pour certaines. Après un dernier tour dans le centre-ville, le cortège se disperse, sans interpellations.

Cette manif est la plus grosse depuis celle du 31 mars à Alès. Elle a vu de nombreux secteurs ou entreprises entrer dans la lutte ou réaffirmer leur refus de la loi travail (Axens à Salindres, Merlin Gerin, France Télecom/Orange, les cheminots etc.). Si les discussions sont riches et nombreuses dans ce contexte de lutte, la solidarité dans la mobilisation n’a échappé à personne. Ce jeudi 19 mai, nous avons éprouvé notre capacité commune à mener des actions et être solidaires les un.es des autres (notamment face aux provocations de la BAC), quels que soient les modes d’action choisis pour renforcer le rapport de force contre la Loi (du) travail.

Les centrales syndicales annoncent de nouvelles journées de grève et d’action pour le 26 mai et le 14 juin, il faudra évidemment y être présents. Mais il ne faut pas se limiter au calendrier syndical étalé dans le temps ou aux manifestations parsemées, et plutôt maintenir la pression en multipliant les grèves, les blocages, le ralentissement de l’économie, et en soutenant les nombreux secteurs et salarié.es déjà partis en grève.

Assemblée de lutte lundi 23 mai à 18h30 à la bourse du travail.

Communiqué des piquets volants suite à l’occupation de la voie ferrée d’Anduze-Saint Jean du Gard

Ce dimanche 22 mai, à 10h, nous nous sommes retrouvés à une trentaine devant la gare d’Anduze, déterminés à bloquer l’économie locale pour protester contre la loi travail. En peu de temps, une barricade est érigée sur les voies, quelques pneus s’enflamment. Des banderoles sont accrochées : « Contre la loi travail, grève, blocage et sabotage » et « Loi travail, aie aie aie, ça déraille ». Aujourd’hui, le train à vapeur ne passera pas, la fréquentation de la Bambouseraie sera nettement en baisse.

imagecommunique

Un tract est distribué aux touristes :

Contre la loi travail, on renverse la vapeur !

Tchou tchou c’est nous !

On vient bloquer le train-train quotidien, mais pourquoi gâcher ainsi ce qui aurait pu être une belle promenade touristique en ce joli jour de mai ?

Parce que le tourisme représente une part absolument pas négligeable de l’économie locale (le Train à Vapeur des Cévennes est la ”véritable locomotive de l’économie touristique”, dixit la Région), et cette économie, eh ben nous on veut la bloquer. Mais pourquoi ?

Parce que ça fait partie des moyens que nous avons pour renforcer le rapport de force, face aux patrons et à l’État, contre la foutue Loi Travail qu’ils cherchent à nous imposer (et t’inquiètes que de toute façon ça fait un bail qu’on avait des comptes à régler avec eux). Eh oui, pas encore rassasiés avec la généralisation du travail du dimanche, notamment dans les zones touristiques, les licenciements qui pleuvent dans tous les sens (comme à la si paisible Bambouseraie qu’on vient voir de si loin), ce coup-ci, pour la faire courte, ils vont baisser les salaires, allonger le temps de travail hebdomadaire, faire galérer encore plus les chômeurs, j’en passe et des meilleures !

Et puis pour ce qui est du tourisme, tu sais, on a pas vraiment envie d’être les gentils autochtones bons vivants et accueillants des cartes postales quand on en vit les ravages ! Ici on coupe des arbres centenaires pour faire un parking de musée, là on balance des millions d’argent public pour qu’une entreprise comme la Citev, qui gère ce petit train, puisse continuer à faire du profit, alors que vous-comprenez-y’a-plus-d’argent-pour-l’école-mais-vous-avez-qu’à-vendre-des-gâteaux-à-la-fête-du-village ! On grince un peu des dents dans nos apparts pourris et inchauffables à côté des villas bien exposées occupées deux semaines dans l’année. Et on devrait se réjouir parce qu’on a une chance de trouver un taf saisonnier payé au lance-pierre trois mois dans l’année, dans des conditions encore plus nazes si on laisse passer cette nouvelle loi ?

Alors voilà, on bloque.

Tchou-tchou !

”J’ai cru en beaucoup de choses, maintenant je crois en la dynamite.”

Il était une fois la révolution, Sergio Leone.

Nous crions « A bas la loi travail ! », « On est sur la bonne voie, on continue ! », « Si vous voulez vous balader, allez sur les sentiers ! ». Quelques gendarmes débarquent, s’essayent au reportage photo. trainLes esprits s’échauffent, des casseurs infiltrés parmi les touristes déchirent une banderole et essayent d’y mettre le feu, sans succès. Après une heure et demi de blocage, les gares d’Anduze et de Saint Jean du Gard ferment leurs portes, la direction affiche « suite au blocage de la voie ferrée par une manifestation contre la loi travail, le train ne peut pas circuler ce dimanche 22 mai ». Nous levons le camp avant l’arrivée du PSIG, l’action ayant été une réussite. Aucune interpellation n’est a signaler.

L’économie est bloquée, les touristes sont dèg, nous on est content !

« Un ptit blocage par ci, un ptit blocage par là, la loi travail ne passera pas ! »

Section tchou-tchou contre la loi travail

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