ASSEMBLEE DE LUTTE A ALES

Contre la loi travail (pour commencer)

Category

Luttes sociales

Pas de résignation. Abrogation de la loi travail ! Lutte contre le capital !

Après plusieurs mois de lutte, le 15 septembre apparaît comme un moment charnière dans le prolongement du mouvement social contre la loi travail. Pour plusieurs personnes participant à l’Assemblée de lutte d’Alès il semblait important de prendre le temps de la réflexion et de partager celle-ci afin d’engager un débat sur les perspectives d’un tel mouvement. Ce texte se veut donc une base de discussion.

La loi travail ne sort pas de nulle part. Elle provient directement de la situation économique dans laquelle se trouve le capitalisme. En effet, la crise économique bat son plein, en particulier depuis la crise financière de 2008, mais nous ne pleurerons pas sur ces pauvres capitalistes ! Car c’est bien dans le but de maintenir leurs profits dans une période de stagnation que les gouvernements passent de nombreuses mesures contre les classes populaires. En France, ce sont différentes mesures d’austérité et de déréglementation : ANI, loi Macron, accords UNEDIC, pacte de responsabilité (50 milliards de cadeaux aux patrons pris sur les services publics utiles à la population), CICE (avantage fiscal pour les patrons), baisse des APL dans certains cas, service civique obligatoire et bientôt travail forcé pour les RSAstes… Au niveau européen, le gouvernement italien (de gauche lui-aussi) passe le Job Act qui ressemble à la loi travail, précarisant les personnes en CDI ; Job Act aussi en Angleterre ou encore travail forcé des personnes handicapées, loi travail en Belgique (semaine de 45 heures)… Nous subissons tous la flexibilité, la précarité et l’austérité qu’ils nous imposent !

En réalité, les gouvernements suivent les nécessités de la production du profit capitaliste. Le rôle de l’État est de servir la classe dominante, quel que soit le parti au gouvernement. Or dans cette période de crise, l’objectif est de baisser le coût du travail pour maintenir les profits. Dire que c’est l’Union Européenne qui est responsable de la situation est une illusion car l’UE est au service des capitalistes comme le gouvernement français. Les États français et allemand sont les plus puissants de l’Union et imposent leurs volontés au reste de l’Europe… mais toujours au service du capital. Des mesures d’austérité ou favorables aux plus riches sont d’ailleurs passées dans le monde entier (Brésil,…). Le marché est global. Les injonctions économiques liées à la concurrence touchent tous les coins de la planète. L’État s’est imposé et son rôle est partout le même.

Ce constat nous rappelle qu’on n’a rien à attendre des élections. Les partis se succèdent au pouvoir pour répondre aux mêmes exigences du patronat. Quand il s’est agi de renflouer les banques en faillites (en 2008), tous les gouvernements de gauche comme de droite se sont empressés de prendre dans la poche des contribuables les milliards nécessaires pour les sauver. L’histoire comme l’actualité nous montrent que seule la lutte pour l’émancipation sociale paye : nous n’avons rien à attendre des urnes quelques soient les discours des politiques.

Les attaques se multiplient contre nous, qu’on soit travailleur, chômeur, jeune, retraité, handicapé… Elles réduisent le peu de protections sociales lâchées par l’État et arrachées par les luttes. Elles permettent des augmentations du temps de travail, des baisses directes ou cachées de salaires ou d’aides sociales… Il s’agit de baisser le coût du travail (c’est-à-dire nos revenus), de flexibiliser (de licencier plus facilement), bref d’augmenter les profits. Lescapitalistes sont des personnes bien concrètes, organisées (MEDEF, CGPME, forums & institutions divers) et bien conscientes de leurs intérêts de classe, malgré la concurrence qui les oppose : patrons, actionnaires, banquiers, ils se nomment Pinault, Bettencourt, Dassault, Peugeot… mais pas seulement. A partir du moment où un patron vit du travail de son employé et lui verse un salaire, les intérêts de l’un et de l’autre sont contradictoires. C’est pour cette classe sociale, pour maintenir ce rapport de classe et donc pour la bonne marche du capitalisme que les gouvernements s’exécutent.

De Vigipirate à l’état d’urgence, les gouvernements successifs ont tiré profit d’actes terroristes pour mettre en place des mesures sécuritaires et liberticides. Derrière les discours officiels, ces mesures sont en réalité prises pour faire face aux phénomènes sociaux que la crise peut impliquer. L’État doit contrôler l’augmentation de la délinquance, liée à la misère croissante, et endiguer les mouvements de contestation. La militarisation des « quartiers populaires », la construction de nouvelles prisons et la répression des mouvements sociaux, syndicaux, écologistes répondent à un même objectif : mater la population qui voit ses conditions d’existence se dégrader inexorablement. L’État est définitivement l’organe de répression d’une classe sur une autre ! Et dans les périodes de crise, les capitalistes savent que la classe laborieuse peut devenir très dangereuse. Malheureusement, nous sommes aujourd’hui largement divisés. Les replis identitaires, nés en France d’une volonté patronale de segmenter le prolétariat (français/immigrés notamment), sont attisés par les conflits militaires dans différents coins de la planète, fruits des concurrences entre bourgeoisies. Ne tombons pas dans ce panneau qui ne provoque que la ruine du prolétariat et l’enrichissement des capitalistes. Par les luttes sociales faisons disparaître les communautarismes, les identitarismes (nationaux comme religieux). En réunissant les individus sur une base de classe, d’intérêts sociaux immédiats, noyons le nationalisme, le racisme et le fanatisme religieux. Le combat n’est pas de tous contre tous mais des classes populaires contre leurs exploiteurs. La religion, l’origine, le pays n’ont aucun intérêt ! Par nos luttes faisons taire le FN, les populistes soit disant anti-système ou les fondamentalistes religieux. La lutte contre la loi travail a permis de nous rapprocher malgré nos différences pour un même objectif : faire reculer le gouvernement et les capitalistes.

A présent, le mouvement contre la loi travail est en passe de redémarrer. Il est nécessaire que nous soyons toujours plus nombreux dans la rue, dans les grèves, dans les AG mais aussi toujours plus déterminés ! En 2006, l’État a déjà reculé sur une loi votée à l’Assemblée. Le CPE n’a jamais eu de décret d’application et c’est bien grâce à la combativité de la lutte à l’époque. Cette lutte contre la loi travail doit s’amplifier afin de faire abroger cette loi scélérate mais elle doit aussi s’élargir, prendre pour cible toutes les mesures contre les travailleurs, les chômeurs…, il s’agit de faire reculer le gouvernement sur toutes ses offensives patronales. La loi travail a déjà eu des formes bien particulières : longueur de la mobilisation, autonomie des luttes, multiplication des Assemblées autonomes, reprise après un long été (?), détermination, grève tournante de différents secteurs (lycéens, cheminots, raffineries et autres à tour de rôle)… Il faut que ces pratiques émergentes se multiplient encore et prennent de l’ampleur. Pour cela, il est nécessaire que dans les entreprises les grèves et les AG se multiplient, qu’en tant que chômeurs on réussisse à se réunir et à trouver des formes de luttes, que le mouvement lycéen reprenne…

Le mouvement contre la loi travail n’est donc qu’un jalon dans la lutte des classes. Ce mouvement doit s’élargir pour lutter contre toutes les attaques des capitalistes, des États et en venir à remettre en cause le capitalisme lui-même.

Aucun gouvernement ne s’élèvera contre la classe dominante, la seule solution est dans les luttes sociales de la classe exploitée. À bas la loi travail et l’exploitation capitaliste !

Des participants de l’Assemblée de lutte d’Alès

Texte distribué lors de la manif du 15 septembre 2016 à Alès.

Contre la loi travail et son monde : solidarité face à la répression !

Mise à jour 12 octobre :
Vendredi 7 octobre, le tribunal à rendu ses délibérés.
Il condamne R. à 3 mois de sursis, 250€ de dommages et intérêts et 350€ de frais de justice pour l’histoire du pétard lors de la manif du 23/06/16.
En revanche, il relaxe A. pour l’histoire du pavé jeté lors de la manif du 15/09/16. Mais comme on pouvait s’y attendre, le soir même le parquet avait fait appel de cette décision. Une prochaine audience aura donc lieu à la Cour d’Appel de Nîmes. Restons attentif et soyons prêts à être nombreux à soutenir A. lorsqu’il sera de nouveau jugé !


 

Rassemblement de soutien

Alès — vendredi 30 septembre — 14 heures

Devant le tribunal (Place henri Barbusse)

Le 30 septembre, deux camarades passeront en procès. L’un est accusé… d’avoir jeté des pétards lors de la manifestation du 23 juin ! Il subit, depuis, une interdiction de séjours sur Alès. L’autre est accusé de jet de projectile sur les forces de l’ordre lors de la manif du 15 septembre, alors qu’il apparaissait évident que la police attendait n’importe quel prétexte pour interpeller le premier venu et par là musleler la mobilisation dans son ensemble.

Depuis le 9 mars, des manifestations et des actions déterminées sont menées contre la loi travail. Dès le début du mouvement social, l’État a fait usage de la force pour casser les blocages et disperser les manifestations. Les blessés sont nombreux : crânes ouverts à coups de matraques, visages défigurés par les flashballs et corps mutilés par les grenades de désencerclement, etc.
hommetransperce
Les « forces de l’ordre » n’ont pas hésité à utiliser scooters et voitures pour charger les manifestants.

De nombreuses personnes passées en procès ont écopé de peines de prison ferme ou avec sursis, et d’autres sont en détention préventive en attendant de comparaître devant la justice. Et on ne compte plus les convocations au tribunal.

Rien que sur Alès, 4 personnes ont été interpellées le 23 avril suite à un collage d’affiche dans le centre ville. Lors de la manifestation du 17 mai, une action de blocage de la sous-préfecture a été réalisée par plusieurs centaines de personnes. Deux personnes sont passées dans le collimateur de l’appareil punitif quelques jours après : l’une, accusée d’avoir posé des chaînes sur le portail a été interpellée devant son domicile et placée en garde à vue ; un collégien a été convoqué pour jet de projectile. Lors de la manifestation du 19 mai deux personnes ont eu le bras cassé lors d’une tentative d’interpellation par la BAC et la police nationale. Le 26 mai, les forces répressives ont chargé à la fin de la manifestation pour disperser la trentaine de personnes encore présentes, distribuant coups de matraque et coups de poing à la volée. Le 26 juin, jour de manifestation bruyante, ne trouvant aucun autre prétexte, les flics ont interpellé un manifestant pour un jet de pétard. Il est accusé de violence sur les forces de l’ordre. Le 15 septembre, en fin de manif, une partie du cortège se dirige vers le lycée JBD pour aller soutenir les lycéens qui voulaient tenter de bloquer leur bahut. Comme tout au long de la manif, les flics, en surnombre, devancèrent les manifestants. Gazeuses et flashballs en main, ils démontèrent pièce par pièce la barricade qui tentait de s’ériger sans manquer de molester les manifestants. Dans la cohue, un pavé fut lancé. Pour les flics il fallait un coupable. Une casquette trouvée dans un sac créera celui idéal. Malgré le surnombre de caméras utilisés par les flics ce jour-là, le moment où le pavé est jeté disparait miraculeusement des bandes. Le parquet décide de pousuivre le camarade à la casquette.

L’utilisation de cette violence « légale » a pour objectif de faire peur, de briser toute résistance à notre exploitation et de miner nos capacités d’offensive. Il est important d’affirmer notre solidarité aux personnes touchées par la répression, sans tomber dans le piège de l’innocence et de la culpabilité. N’oublions pas que la police nous contrôle et nous humilie tous les jours, que la justice a pour seul objectif le maintien de la bourgeoisie au pouvoir. Nous subissons au quotidien l’exploitation capitaliste et la répression ne s’arrête pas à la fin d’une manifestation. Il est important de se défendre collectivement, d’affirmer notre solidarité, de ne pas laisser des personnes isolées face à la police ou face à la justice. Une attaque contre l’un d’entre nous, c’est une attaque contre tous !

Arrêt des poursuites contre tous les inculpés de la guerre sociale !
Liberté pour tous !

Vive la solidarité ! Guerre à cette justice de classe !

Récit de la manifestation du 15 septembre

Aujourd’hui (jeudi 15 septembre), environ 500 personnes (300 selon la police) ont manifesté une énième fois dans les rues d’Alès.

Un premier cortège parti du lycée JBD a rejoint le point de départ officiel à 10h30 devant la sous-préfecture. Plusieurs prises de paroles avant que le cortège ne s’ébranle en direction du centre ville. Tout au long du parcours alèsien classique (boulevard Louis Blanc, cathédrale, mairie et retour à la sous-préf par la rue Albert 1er) les manifestants ont donné de la voix en montrant qu’ils restaient largement déterminés contre cette loi malgré son vote dans l’été. Plusieurs lycéens de JBD avaient décidé de profiter de la fin de la manif pour tenter de bloquer leur bahut. Arrivés à la sous-préfecture et à la demande des lycéens, une centaine de manifestants ont alors prolongé la manif jusqu’au lycée JBD. Les containers de poubelles, glanés le long du cortège, sont placés en tête et les manifestants accompagnent les lycéens jusqu’à l’entrée du lycée. Bien que devancés par les flics, les lycéens s’installent devant l’entrée avec leur containers. Quelques palettes arrivent dans un second temps pour compléter cette tentative de barricade. Mais flics (municipaux et nationaux) venus en nombres et équipés de casques et de bombes lacrymo n’ont alors pas eu de mal à démonter pièce par pièce cette barricade de fortune.

Cette barricade démontée et l’heure du repas arrivant, le gros des effectifs de flics s’éclipse alors durant une petite heure. Pendant ce temps, la sono continue à cracher de la musique festive et les lycéens maintiennent leur blocus de plus en plus symbolique. Un peu avant 14h, les flics reviennent remontés à bloc et bien déterminés à en finir avec cette histoire. Ils font plusieurs percées dans le groupe de manifestants pour s’emparer des dernières palettes restées sur le parvis. Leurs manœuvres provoquent un mouvement de foule qui les force à se repositionner en ligne face aux manifestants. La tension monte et quelques projectiles atterrissent aux pieds des forces de l’ordre. Satisfaits d’avoir enfin un os à ronger, les bleus se lancent alors à la recherche des lanceurs de projectiles. C’est au café du coin qu’ils finiront par jeter leur dévolu sur un camarade qui aura eu la malchance d’avoir dans son sac… une casquette! Les flics sont formels: c’est LE lanceur de projectiles!

Ce camarade est alors emmené au commissariat d’Alès et placé en garde à vue. Aux dernières nouvelles, il devrait y passer la nuit dans l’attente de la fin des investigations.

Restons attentifs à la suite des événements pour être prêts à soutenir ce camarade quelles que soient les suites que la justice voudrait donner à cette histoire.

On lâche rien ! Face à l’État et à la répression, restons déterminés : RETRAIT DE LA LOI TRAVAIL !

Le camarade a été libéré en milieu d’après-midi.
Il ressort sans contrôle judiciaire mais avec une convocation pour une audience en correctionnelle le vendredi 30 septembre à 14h (même jour même heure que R. qui sera lui jugé pour un jet de pétard lors de la manif du 23 juin). Il sera jugé pour un jet de projectile sur les forces de l’ordre.

SOYONS NOMBREUX CE JOUR-LÀ EN SOLIDARITÉ AVEC LES DEUX CAMARADES !


APPEL À TÉMOIGNAGE:

Nous invitons toute personne présente le 15 septembre au rassemblement devant le lycée JBD à venir témoigner de la situation. Pour cela prendre contact avec l’Assemblée de lutte : agluttesales@riseup.net

Le formulaire pour rédiger des témoignages se télécharge ici : https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_11527.do

Feuille d’info n°2

Deuxième feuille d’info de l’assemblée de lutte contre la loi travail à Alès (document PDF)…

Loi Travail : on ne lâche pas !

Sur l’autoroute des vacances… Blocage, sabotage, insolence…

p1080918Ce samedi 30 juillet, traditionnel jour de chassé croisé des vacances où la compétition du nombre de kilomètres de bouchons est de vigueur dans les médias, la circulation était étonnamment fluide aux niveau du péage de Gallargues, entre Nimes et Montpellier. En effet, il a été investi par une quarantaine de personnes, qui après avoir démonté les barrières et obstrué les caméras ont fait passer gratuitement des centaines de véhicules.

Un tract contre la Loi Travail a été distribué, la générosité des automobilistes permettra de soutenir les camarades qui subissent la répression.

Les flics, ces gardiens du Capital, sont arrivés rapidement sur place. Ils ont relevé les plaques d’immatriculation de nos véhicules et ont saisi le premier prétexte pour nous évacuer de la zone.

Une bonne partie des personnes passant au péage était non francophone, cependant les mesures d’austérité frappent partout et les touchent également ; en effet les pays européens se font concurrence pour aggraver les conditions d’exploitation des salariés (baisse des salaires en Espagne et en Grèce, « jobs » à 1 € par heure en Allemagne, contrat « 0 heure » en Grande-Bretagne, loi sur les 45 heures en Belgique…). Peut être que notre mobilisation leur fait écho.

Cette action avait pour objectif de montrer notre détermination, malgré les vacances et la canicule. Elle résonne avec les dizaines d’actions de ce type qui ont été réalisées cet été. Que la Loi Travail soit retirée ou non, ce qui s’annonce c’est toujours plus d’austérité, des mesures contre les travailleurs et les pauvres pour permettre aux patrons de continuer à s’en mettre plein les fouilles. Si le gouvernement croit que le mouvement a pourri et qu’il pourra faire ses lois tranquillement, c’est sans compter sur ce qui s’est construit ces 5 derniers mois, les rencontres et les capacités d’offensive qui ont émergé et dont les braises sont encore brûlantes. C’est pas qu’on va arrêter de se défendre face à leurs lois, loin de là, c’est aussi qu’on veut passer à l’attaque pour mettre fin à cette exploitation abjecte.

Nous n’oublions pas non plus que c’est Vinci qui gère un grand nombre d’autoroutes en France. Cet aménageur construit des prisons, des aéroports, des autoroutes et autres infrastructures. Il est l’un des acteurs majeurs de la restructuration du capitalisme autant sur le « territoire national » que dans le reste du monde. Il tire ses bénéfices de notre exploitation et de celle des prolétaires à travers toute la planète. Il est complice et directement responsable des guerres, des pollutions et de la misère. Les taper là où ça fait mal, directement au portefeuille, ça fait toujours plaisir.

© 2019 ASSEMBLEE DE LUTTE A ALES — Powered by WordPress

Theme by Anders NorenUp ↑