ASSEMBLEE DE LUTTE A ALES

Contre la loi travail (pour commencer)

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Loi El Khomri

Nîmes — 11/05/2017 : rassemblement de soutien

Rassemblement de soutien
Nîmes – Jeudi 11 mai – 8h
Devant le tribunal (Boulevard des Arènes)
Départ d’Alès en co-voiturage, à la Bourse du travail, à 6h45

Du 9 mars au 15 septembre 2016, des manifestations et autres actions déterminées sont menées contre la loi travail. Dès le début du mouvement social, l’Etat use de la violence pour casser les blocages et disperser les manifestations. La détermination de l’Etat à ne pas laisser le mouvement se développer est particulièrement forte dès les premières actions. Les blessés et interpellés sont nombreux, rien d’étonnant au vu des moyens dont disposent les flics (matraques, flashballs, gaz, grenades, etc…). Au niveau national, ce sont des milliers de personnes arrêtées, dont certaines écopent de peines de prison ferme ou avec sursis, d’autres se voient soumises à des “peines alternatives” (Travail d’Intéret Général, assignation à résidence, interdiction de manif ou
de séjour…).
Rien que sur Alès, 4 personnes sont interpellées le 23 avril suite à un collage d’affiches. Lors de la manifestation du 17 mai, une action de blocage de la sous-préfecture a été réalisée par plusieurs centaines de personnes dont deux sont arrêtées quelques jours plus tard. L’un d’eux est un collégien, convoqué pour jet de projectile. La deuxième personne, accusée d’avoir cadenassé le portail lors du blocage, est condamnée à 280 heures de TIG. Durant la manifestation du 19 mai, deux personnes ont le bras cassé dans une tentative d’interpellation de la BAC et de la police nationale. Le 26 juin, ne trouvant pas d’autre prétexte, les flics embarquent un manifestant pour un jet de pétard, il sera condamné à 3 mois de sursis, 250 € de dommages et intérêts et 350 € de frais de justice.
Au niveau national, le 15 septembre, dernière journée de mobilisation contre la loi travail, est particulièrement encadré par la flicaille, l’Etat voulant mettre un terme au mouvement social et surtout empêcher sa reprise. Ce jour-là, à la fin de la manif à Alès, une partie du cortège se dirige vers le lycée JBD pour aller soutenir les lycéens qui veulent tenter de bloquer leur bahut. Comme tout au long de la manif, les flics nombreux devancent les manifestants. Gazeuses et flashballs en mains, les keufs démontent violemment la barricade qui tente de s’ériger. Dans la cohue, un pavé est lancé face à ces provocations. Pour les flics, il fallait un coupable. Une casquette trouvée dans un sac crée la preuve idéale. Malgré les multiples caméras utilisées par les flics ce jour-là, le moment où le pavé est jeté disparaît miraculeusement des bandes. Le parquet décide de poursuivre le camarade à la casquette.

Le 11 mai 2017, ce compagnon passe en procès en appel. Accusé de jet de projectile sur les “forces de l’ordre”, il est relaxé en première instance mais dans la foulée, le parquet fait appel de cette décision, comme on pouvait s’y attendre. Après l’avoir soutenu lors de son premier procès, nous entendons bien confirmer notre solidarité devant le tribunal de Nîmes, le jeudi 11 mai.
L’utilisation de cette violence “légale” a pour objectif de faire peur, de briser toute résistance à notre exploitation et de miner nos capacités d’offensive. Il nous importe d’affirmer notre solidarité aux personnes touchées par la répression sans tomber dans le piège de l’innocence et de la culpabilité. N’oublions pas que la police nous contrôle et nous humilie tous les jours, que la justice a pour but le maintien de notre exploitation. La répression est indispensable aux bourgeois et à nos gouvernants pour le maintien de leurs intérêts. Nous subissons tous les jours l’exploitation et la domination, la répression ne s’arrête pas en fin de manifestation, elle se poursuit au quotidien. Des mobilisations ont eu lieu, notamment suite à l’agression de Théo à Aulnay, la mort de Rémi au Testet, celle d’Adama dans le Val-d’Oise ou celles de Zyed et Bouna à Clichy-sous-bois. À nous de les développer face aux violences et à la répression policière. Il est important de se défendre collectivement, d’affirmer notre solidarité, de ne pas laisser de personnes isolées face à la police et à la justice.
Une attaque contre l’un d’entre nous, c’est une attaque contre tous !
Liberté pour tous !


Mise à jour 16/05/2017

*Justice de merde, quand même !*


La cour d'appel de Nîmes a donc prononcé ma relaxe hier après une
audience où le pitoyable dossier des flics s'est joyeusement effondré de
lui-même.

Suis-je heureux de ce jugement ? Franchement non. Je suis tout juste
soulagé.

Déjà, j'ai une pensée pour mon compagnon jugé en même temps que moi le
30 septembre dernier (pour jet de pétard à méche sur une policière lors
d'une manif à Alès) et qui a pris 3 mois de prison avec sursis à partir
d'un dossier policier et judiciaire tout aussi vide et grossier que le mien.

Cette relaxe ne peut pas nous faire oublier la réalité de la « justice »
en France.

Justice de classe et d'enfermement. Justice qui prononce les expulsions
de migrants (au Soudan par exemple en ce moment à Marseille).

Justice qui envoie au trou pour des années lors des comparutions immédiates.

Cette cour d'appel de Nîmes est réputée nationalement pour sa sévérité.
Elle prononce à longueur d'années de lourdes peines de prison.

Je ne parlerais pas ici de la police qui s'est ridiculisée toute seule
en public. Jouissif... L'avocate générale a elle-même demandé la relaxe !

Soulagé donc. Restent les 24h de garde-à-vue, les 2 procès, les heures
passées pour préparer ce cirque... Reste aussi qu'il restera trace de
cette procédure dans le fichier STIC que les policiers consultent à tout
bout de champ. Je ne sais pas s'il fait bon par les temps qui courent
d'avoir été relaxé lors d'un procès pour violences sur AFP où la parole
de deux policiers a été désavoué.

Reste aussi la camaraderie. Merci à toutes et tous, au collectif CARAPACE...


Voilà, c'est la fin de cette histoire. Mais ce n'est pas la fin de la lutte.

Retour sur le mouvement contre la loi travail

Bilans croisés de collectifs de plusieurs villes

Discussion — samedi 20 mai à 19h — la Rétive, 42 rue du Faubourg d’Auvergne, Alès

À partir de textes d’analyse abordant le mouvement contre la loi Travail et de nos expériences et réflexions, nous vous invitons à un débat autour de cette lutte. Ce mouvement, s’il a eu des limites, est pourtant, sur ces dernières années, l’un des rares moments de révolte sociale sur le terrain de l’exploitation. Des collectifs et individus de plusieurs villes viendront partager et discuter avec nous de ce moment de lutte. Cette discussion a pour but d’essayer de comprendre le contexte dans lequel ce mouvement s’est formé et a évolué, de manière à en dégager, ensemble, un bilan.

Chaque lutte sociale a ses particularités, prend certaines formes, se développe et s’arrête différemment ; elle s’inscrit d’une certaine manière dans chaque endroit qu’elle touche. La situation économique, politique, sociale, le rôle des organisations et des individus sont divers et créent des spécificités. Un an après, comprendre les rouages, les erreurs, les limites et les perspectives, bref, analyser et tirer le maximum d’expérience de ces luttes nous semble essentiel pour continuer le combat contre le capitalisme.

Quelques questions pour animer le débat

  • Qui était en lutte ? Individus isolés, bandes de potes, collègues en grève… ? Quelles catégories socioprofessionnelles étaient en lutte (lycéens, étudiants, cheminots, raffineries, précaires, etc.) ? Quelles forces politiques constituées étaient forces de proposition ou de contrôle dans la lutte (syndicats, organisations, partis, groupes ou tendances politiques, etc.) ?
  • Quelles ont été les formes et les lieux d’organisation (Nuit debout, assemblées de lutte, interpro, intersyndicale, syndicats, etc.) ? Quels modes de discussion, de décision et d’action dans ces cadres ? Quels rôles ont-ils joués dans la lutte ? Y a-t-il eu des tensions entre ces différentes formes ?
  • Quels rôles, forces et actions des syndicats dans le mouvement et au regard de ce qu’ils ont pu être lors des mouvement sociaux précédents (retraites, CPE, etc.) ?
  • Quels discours politiques ont été portés ? Quelle place y a-t-il eu pour des discours révolutionnaires (critique du travail, du salariat, de la valeur,… du capitalisme, de l’État) ?
  • Quels modes d’action (blocages, grèves, occupations, sabotages, cortèges de tête et ses pratiques d’autodéfense et d’attaques, etc.) ? Quelle importance ont pris les grèves, sous quelles formes (perlées, reconductibles, etc.) ? Quel rapport à la violence (celle de l’État, celle des manifestants) ? Quelle acceptation ou rejet d’une certaine pluralité des modes d’actions ?
  • Quelles ont été les formes et le niveau de la répression ? Et, plus globalement, quelles ont été les stratégies développées par l’État pour contenir ou enrayer ce mouvement ?
  • Quelles suites collectives à l’issue de ce mouvement ? Des dynamiques de luttes ont-elles perduré (renforcement de dynamiques préexistantes, émergence de nouvelles initiatives, etc.) ?
  • Et aujourd’hui on en est où ? Quelles sont les applications concrètes de la loi travail ? Y a-t-il des résistances dans les boîtes ? Et, plus globalement, quel est le niveau d’atomisation ou de résistance des exploités ? Quelles perspectives ?

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